TravailleursDuWeb se BLACK OUT contre HADOPI

Le web en 512kb… retour à la préhistoire du Web

Publié le 16 December 2011, par Babozor dans la catégorie Divers

512ko
(photo honteusement piquée ici et bidouillée comme un gros vilain…)

[Comme le fais si justement remarquer “nado” c’est KiloByte et non KiloOctets… et encore c’est du 512 théorique, je dépasses rarement les 60ko/sec en traffic descendant et le 10 en traffic remontant… donc je rectifie les ko en kb]

Ceux qui me suivent un temps soit peu sur les différents réseaux sociaux et sur LaGrotteDuBarbu le savent, depuis Septembre j’ai quitté Paris pour rejoindre la magnifique région du Centre, plus particulièrement le département de l’Indre et pour être encore plus précis Néons Sur Creuse (398 habitants et plus précisément encore dans un hameau d’une dizaine de foyers appelé “Champagne”, ça ne s’invente pas). Région magnifique, bouffe géniale et web calamiteux (en tout cas où j’habites) mais après avoir vécu la fibre à Paris, qu’est ce que ça veut dire revenir à 512kb?

512kb et pas mieux
Malgré des appels répétés aux différentes instances, pris la tête aux gens de France Telecom et d’Orange, je dois me contenter d’une ligne à 512kb… il existe certes d’autres solution, comme le satellite, mais qui a clairement ses limites (vous avez des plafonds de bande passante qui se réduisent au fur et à mesure et le traffic remontant passe par la ligne téléphonique). Pas d’installation de câble ou de fibre dans un futur proche pour notre petite bourgade, on va devoir s’arranger avec du 512kb

Des sites web lents
La première chose qui choque c’est le lenteur de certains sites web… la page en elle même est lourde et mets un temps infini à charger, on sent physiquement les différents modules qui viennent alourdir encore un peu plus le chargement de la page, tous ces javascripts, ces appels de librairies externes, ces services sociaux (widgets facebook, bouton twitter, commentaires venant de Google+, etc…). Je ne me lancerais pas dans une diatribe envers ceux qui n’optimisent pas ou peu leurs images, puisqu’il m’a fallut faire 350 km et revenir à la préhistoire du web pour voir à quel point optimiser ses images est important.

Patience, patience et encore patience
C’en est presque un jeu psychologique, vais-je avoir le patience d’attendre que l’image du header qui fait plusieurs mégas daigne se charger? Ai-je vraiment besoin de checker cette syntaxe de fonction que je connais pourtant par coeur (ou ne serait-il pas temps que je m’achètes un de ces lourds bouquins si pratiques pour caler les pieds de table)?

Savoir choisir son activité, pas de multi-tasking réseau
Autant avec un très haut débit, la question ne se pose, ici vous allez devoir faire un choix:
– checker votre email
– regarder tel ou tel site web
– torrentifier le dernier épisode de “Beavis and Buthead”
– choper le dernier épisode de l’apéro du CaptainWeb
– faire une mise à jour de certains de vos softs
– traîner sur votre lecteur de flux RSS (qui pré-charge une partie des flux et des images) préféré
– travailler
– tenter de skyper la famille…
Choisissez bien parceque si par exemple vous remettez à jour votre version de MarsEdit, qui pèse quelques dizaines de méga, action indolore il y a encore quelques mois, cela risque bien de vous prendre quelques dizaines de minutes en 512 kb et vous empêchera tout autre activité réseau… et oui pendant que vous mettez votre soft à jour, votre mailer mettra plusieurs minutes ne serait-ce qu’à s’afficher, Argh!

Pleins de services inutilisables
Enormément de services qui j’utilisais ou que j’aimerais utiliser sont désormais plus ou moins hors d’usage.
Quelques exemples:
– Evernote: un très bon soft de stockage d’infos, de photo, tagable, etc… j’ai plus ou moins toute ma vie sur Evernote, qui se synchronise entre mes différents ordinateurs, mon téléphone, etc… Tenter d’uploader des documents scannés tel quel est impossible, un fichier de 20 Mo doit mettre 20 minutes à uploader ce qui rend le soft tout simplement inutilisable (sans parler du blocage du reste de la bande passante)
– streaming en général: que ce soit spotify (même si je l’utilises quasimment jamais) mais aussi Youtube, se sont des activités presque à bannir totalement, même en réglant la vidéo à sa qualité la plus pourrie (240p) pour regarder une vidéo d’une minute, il vous faudra au moins patienter 5 minutes avant de pouvoir la lancer sans coupure intempestive.
Oubliez donc toutes les activités tel que stockage sur “le cloud” et autres services web gourmands en bande passante, au mieux cela encombrera votre ligne, au pire cela ne marchera juste pas.

Une distribution géographique du web profondément inégalitaire
L’histoire est singulière puisqu’on ne se trouve pas dans le désert, il y a des villes et des villages un peu partout, ma fille va à l’école à La Roche Posay à une dizaine de kilomètres de chez nous et ils ont un web très correcte… mais nous sommes au confluent de trois département: la vienne, l’indre et l’indre et loire. Yzeures sur Creuse et à quelques kilomètres et possède un DSLAM qui pourrait nous garantir une bande passante plus que correcte, mais cette ville est administrativement dans l’Indre et Loire, donc impossible de s’y raccorder.
Cela montre l’absurdité de la situation, un système de distribution télécom et web encore empêtré dans des questions administratives.

C’est pas la joie mais on survie
Bon, depuis tout à l’heure, je pleures, je me lamantes, mais tout n’est pas si triste. J’arrive à travailler (et c’est bien là le principal), à regarder mes flux RSS (lentement) et j’arrive même à torrentifier mes séries préférées (qui tournent pour certains une grosse partie de la nuit). Ce n’est certes pas pratique, mais on survit, cela complique un peu certaines choses, mais je n’échangerais pas mon bout de campagne avec son web pourri contre un apart parisien et sa fibre fulgurante.

Et vous, les gentils TravailleursDuWeb campagnards vous gallérez autant que moi? Je veux entendre vos histoires de web ultra pourri dans les commentaires pour me soutenir psychologiquement ^^



Laissez un commentaire