Ma première fois

Publié le 20 April 2010, par mere-teresa

De nombreuses personnes m’ont déjà entendu dire que je continuerais à faire de l’informatique jusqu’à ce que je vois un projet sortir en temps et en heure. C’est une blague récurrente, qui reflète, malheureusement le manque de soin apporté à l’évaluation des risques, des ressources et des spécifications dans les projets de développement web.

Pour faire écho à l’article de Damien Mathieu, j’ai déjà rencontré de très bons chefs de projet. Mon expérience de consultante-formatrice m’a amenée dans des entreprises privées aussi bien que dans des établissements publics, au contact d’équipe variées. J’ai toujours constaté une certaine fatalité envers le retard dans les projets web.

Et pour la première fois, lors d’une mission, nous livrons des features au rythme prévu. Parfois, cette date a été ré-ajustée au fil du développement, parfois la feature B devance en produit livrable la feature A et se retrouve livrée plus tôt. Tout va bien, me direz vous, alors plutôt que de pointer encore et encore les erreurs des projets, les erreurs des développeurs, je vous propose d’examiner les conditions de cette réussite.

Maîtrise des développements

Pour une fois, ma mission de développement se déroule chez un éditeur de logiciels, et pas dans une SSII ou web agency. Les contraintes sont différentes : ajouter des nouveautés permet de continuer à faire évoluer le site web. Et maintenir l’existant permet de gagner la confiance des utilisateurs. Le besoin de qualité est important pour un code pérenne et maintenable, cette qualité est plus importante que le besoin de livrer rapidement. Les dates limites existent néanmoins et permettent de border les tâches, et de découper les features en tâches.

Direction du projet

Les projet ont deux têtes pensantes : un lead développeur, une chef de projet (commune aux projets). Et en plus, un directeur technique est disponible, pour les points plus critiques ou les choix techniques d’évolution du projet (modification du système de traduction, par exemple). Les technologies les plus performantes sont envisagées pour remplacer les technologies classiques. Cela donne du dynamisme au projet, et attire des développeurs de qualité dans l’entreprise.
Malgré un recrutement soutenu, les développeurs sont bien intégrés aux équipes par des formations aux outils, et comme habituellement, des tâches autonomes et indépendantes des autres du projet à réaliser. Le temps de midi est également mis à profit pour la convivialité.

Des horaires souples

Pour mes besoins personnels, je préfère arriver tôt et repartir tôt. D’autres collègues préfèrent arriver plus tard (après 10h) et j’imagine qu’ils partent plus tard. La pause déjeuner n’est pas non plus chronométrée. Nous sommes managés à la tâche plutôt qu’au créneau horaire, et responsabilisés sur notre tâche. Les dates de planning nous ont permis de déterminer un rythme à tenir pour la sortie de notre feature.

Rencontres fréquentes

Malgré l’open space, dont on sait qu’il est moins bon pour la productivité que les bureaux individuels, les développeurs s’isolent pour se concentrer. Les rencontres sont donc provoquées par un stand-up quotidien, qui a lieu après la pause déjeuner. Parfois, les développeurs d’un même projet — qu’on croirait connectés — se retrouvent à échanger, parfois c’est une simple énumération de ce sur quoi chacun travaille.
Même si nous travaillons sur des logiciels différents, nous avons des fonctionnalités communes, pour résoudre les mêmes problèmes, nous communiquons entre les projets. Les solutions éprouvées sont alors dépistées, ainsi que les impasses.

Challenge technique

En plus d’utiliser des technologies de pointe, toutes les deux semaines, une journée consacrée à la technique est organisée, les développeurs comme l’infra se retrouvent à mettre en place des nouveautés techniques dans l’application, à faire des tests sur les futurs produits techniques, à réparer de petits agacements dans le code ou la configuration qui ralentissent tout le monde.
Cette journée de technique pure, sans but de plaire aux commanditaires (ou actionnaires) des logiciels est toujours un jour agréable. Nous passons en production des nouveautés qui ont été testées précédemment, ou des ajustements qui augmentent le confort de développement.

Convivialité

La pause repas ayant déjà été évoquée, j’ajouterais les outils d’Instant Messaging, la mise à disposition de consoles de jeux (et canapés), le café à volonté, ainsi que la présence d’un outil de “Perles” qui recueille les propos les plus amusants, sortis de leur contexte, évidemment. Ces différents outils renforcent les liens inter-personnels et la confiance entre les développeurs.

Pour terminer, les développeurs sont considérés comme essentiels à la production de valeur dans l’entreprise. Le fait qu’ils soient nombreux les rend majoritaires par rapports aux autres services (marketing, RH ou comptabilité). La direction des projets fournit le matériel nécessaire au confort de chaque développeur (écrans, lampes, etc.) et les responsabilise sur leur code et le code de leur projet.
Sans utiliser de l’eXtrême Programming ou du Scrum, quelques pratiques issues des méthodes agiles améliorent le confort des développeurs et la qualité des produits.

billet invité rédigé par Sarah Haïm-Lubczanski

La grève?

Publié le 16 February 2009, par Babozor

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[Bon j’entends d’ici les néo-capitalistes aux dents longues crier et faire caca sur leurs claviers… ici c’est TravailleursDuWeb, pas CapitalistesDuWeb, nan mais…]
C’est vrai je n’en ai pas parlé (et ça date de quelques semaines, je reconnais)… mais parceque je trouves le climat autour de la dernière grève relativement malsain (je m’explique)

Les anti-grèves: pro-sarkosistes et arrivistes maladifs?
Cette photo a été prise le jour de la grève, en allant au métro (qui bizarrement était étrangement vide) avec des affiches collées à la barbare un peu partout et résume bien le message des anti-grévistes: laissez moi tranquille. Il est vrai qu’on a tous dû avoir à subir (et je compatis avec les banlieusards lointains) une journée de grève dure particulièrement problématique pour aller ou rentrer du travail. Mais je dirais que certains qui prennent régulièrement certaines lignes (le Rer A ou la ligne 13 du métro) doivent subir beaucoup plus de désagréments sans pour autant avoir un seul mouvement de grève (juste trop de monde et vétusté des installations, qui induisent pannes et incidents voyageurs). Certes c’est parfois pas rigolo, mais je trouves la démarche politisée, violente et disproportionnée par rapport à la gêne réelle.

Le droit à la grêve, un droit qui se doit d’être respecté
Ce qui me dérange le plus c’est qu’on puisse remettre en cause le droit de grève, acquis par nos aînés de haute lutte (ouais ça sonne un peu coco-trotskiste mais c’est la réalité, des gens sont morts pour qu’on ai le droit de faire la grève… on devrait au moins respecter ça) et qui reste le moyen ultime quand les négociations ont échoué de faire sentir au pouvoir le malaise.

Une situation sociale et économique tendue
Et le malaise est bien là: des gens licenciés un peu partout, des gens qui voient leur niveau de vie baisser à vue d’oeil (avec paradoxalement des bonus pour certains dirigeants ou hauts responsables d’entreprises distribués records, même en temps de “crise”)… des gens qui ont peur pour leur avenir et aucun signe du gouvernement ou des institutions qui pourraient les apaiser…

Que nous reste-t-il pour nous faire entendre?
Le contexte est d’autant plus tendu, qu’aujourd’hui la situation est bloquée: le gouvernement a le soutien des deux chambres (députés et sénateurs) avec une majorité absolue et la possibilité de faire passer plus ou moins tout et n’importe quoi, et quasiment aucun moyen pour les citoyens de se faire entendre… la grève et les manifestations restent donc la dernière chose qui reste aux gens pour se faire entendre, montrer leur mécontentement.

Donc non, je ne suis pas pour la suppression du droit de grève, je ne suis pas non plus pour le service minimum qui empiète à mon avis sur le droit de grève (et dommage pour quelques inconvénients passagers, c’est pas grave) puisque c’est quasiment la dernière forme d’expression de notre désaccord qu’il nous reste. Personnellement je ne fais pas grève (je ne vois pas pourquoi, à moins qu’on m’enlève le droit de shooter LaGrotteDuBarbu chez Busineo) mais je soutiens globalement ces mouvements et ces contre-pouvoirs (même si je n’approuves pas toutes les revendications) qui sont sains dans une démocratie… la notre ressemble de plus en plus à une monarchie législative (et je penses dangereux l’utilisation de la justice pour mater les rébellions sociales et syndicales).

Et vous, vous en pensez quoi de la grève, et pour quelles causes seriez vous prêt à arrêter le travail et aller battre le pavé?

Ah tiens si je sais pourquoi je serais prête à manifester: la loi stupide Hadopi et toutes les atteintes à nos libertés sur le web (mono-manif en vue donc)

Le vélo une alternative voiture/métro soutenue par les entreprises?

Publié le 22 August 2008, par Babozor

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[Attention ce message contient un message subliminal à l’attention de mon employeur actuel pour me rendre encore heureux et donc productif…]

Voilà une idée que je viens d’avoir… le plus souvent (en tout cas une grande majorité de celles que j’ai pratiquée) les entreprises remboursent 50% des frais de transport en commun, ce qui représente pour un abonné mensuel des deux premières zones du métro (et si les gens habitent en grande banlieue le prix monte très vite) environ 30 euros par mois, ce qui veux dire 360 euros par an.

Ne serais-ce pas une bonne idée que d’essayer de consacrer ce budget pour l’achat ou l’entretien d’une bicyclette pour gens qui voudraient faire les trajets en vélo?

Pour 360 euros tu commences à avoir un sacré bon vélo (en tout cas t’es pas dans les premiers prix) et ce serais un bon moyen d’économiser de l’essence, de moins polluer, d’éviter le stress du métro (ok pour le remplacer par le stress de rouler à vélo dans Paris, je reconnais c’est pas ultra top) et aux employés d’être un peu plus en forme…

Je ne sais pas si des expériences existent en France, mais dans certains pays, en particuliers les Pays Bas, le vélo est complètement rentré dans les moeurs et les employeurs le considèrent comme un réel moyen de transport comme la voiture ou les transports en commun.

Je sais que le vélib’ pour moi a été une bénédiction, certes c’est dangereux (surtout à Paris), mais beaucoup moins stressant (en tout cas à mon avis) que le métro et même si je n’ai pas perdu de poids de façon sensible, je me sens beaucoup plus en forme… une heure de vélo avec des montées super violentes, impossible il y a encore quelques mois… aujourd’hui: peace of cake.
Ceci n’empêche (et j’en ai déjà parlé et c’est un poil hors sujet), je compte bientôt m’en acheter un, parceque les vélib sont vraiment lourds et super mal réglés en général (quand ils ne sont pas à moitié pétés)

Et vous vous en pensez quoi?

Comment rendre votre développeur heureux…? Variez les plaisirs!

Publié le 20 August 2008, par Babozor

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Voilà plusieurs fois que je reçois par email des questions sur comment rendre son cher développeur plus heureux au travail et donc beaucoup plus productif (ben ouais c’est pas que pour la beauté de l’art… non plus)

Les conditions de base
Bien évidemment vous avez les conditions de travail standard qui sont très importantes: salaire, siège, une machine puissante, avantages divers et variés, etc… mais ce n’est pas tout.

Le bon dosage merdasses / challenges / trucs rigolos
Pour que votre développeur soit vraiment heureux, épanoui et chante le matin en arrivant au voulot, il vous faut lui proposer trois types de travaux et tenter un dosage savant:
- merdasses
Tous les trucs pas franchement rigolo pour les dev: de la maintenance, aller debugger un vieux truc développé y’a six mois, faire des exports de base, backuper les données, modifier une classe dev par un autre pas optimisée, des trucs de chimpanzés (répétitifs et relativement cons).
Bon c’est un travail qui doit être fait, mais c’est pas franchement l’extase, mais ça doit être fait.

- challenges
C’est tous les travaux qui vont demander des recherches, consulter des forums, des blogs, bouquiner, creuser, fouiner, se renseigner, demander des tests pour la mise en place, contourner un problème en trouvant une hyper feinte, etc…
Un problème casse-tête mais faisable, motivant pour le cerveau et pour l’égo du développeur

- trucs rigolos
Mixer plusieurs API, ou jouer avec une bibliothèque graphique, faire un truc cool, rapide et funky, jamais vraiment vu avant (ou en tout cas pas dans ce contexte)…
Juste du fun pour les dev…

Votre but va donc être de mixer dans divers proportions ces trois thèmes, en sachant qu’en général les merdasses représentent 90% du travail réel d’un développeur. Vous allez donc devoir faire un club-snadwich de merdasses entouré de bouts de projets rigolos ou de tranches de challenges.
Le but, arriver à placer des demi-journées ou journées de travail cool et plaisant ou motivants, qui feront passer les merdasses pour des transitions entre les moments sympa.

J’avoue c’est super dur, mais tentez ça et vous verrez vos dev vous le rendrons bien… (d’ailleurs je pense que ça s’applique à tous les autres corps de métiers du web: graphistes, intégrateurs, flasheurs, etc… sauf les chefs de projets évidemment :) )

Vélib: Vélo OpenSource… 6 mois après retour d’expérience

Publié le 14 August 2008, par Babozor

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Voilà maintenant un peu plus de 6 mois que je me suis remis au vélo via vélib, le système de prêt de vélo parisien…

Un concept mortel
Le concept est simple: mettre à disposition des parisiens des vélos en libre service, via des bornes disposées un peu partout dans Paris. Vous avez le choix, soit de vous abonner (29 euros par an), soit de payer à l’acte ou la journée…
La première demi-heure est gratuite, puis c’est 1 euro la demi heure supplémentaire, 2 euros la demi heure après, etc…
De quoi permettre aux parisien de se remettre au vélo et de laisser la voiture au garage (encore que je ne connaisse aucun parisien avec une voiture, à part Dame Tartine)

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En pratique?
Après l’épreuve initiatique de l’inscription (deux bonnes semaines avant de recevoir la carte), le constat est contrasté.
Certes c’est très pratique de pouvoir prendre un vélo à volonté, quand on le veut et où on le veut… quand on trouve des vélos. La répartition des bornes n’est pas très optimale, beaucoup dans le centre de Paris, très peu ou beaucoup moins en tout cas en périphérie… des bornes surchargées, d’autres vides. Au bout de quelques semaines, on sait où sont toutes les bornes à proximité de la maison et du travail et lesquelles sont les plus susceptibles d’avoir des vélos ou des places pour se garer.
Le problème principal vient du vélo en lui même: lourd (presque 25 kilos), trois vitesses mal étalonnées (la première inutilisée, la troisième pas assez puissante) et une qualité générale du vélo pas au rendez-vous, avec comme obligation à chaque fois de tester le vélo avant de le prendre:
– gonflage des deux pneus (surtout le pneu arrière)
– chaine pas détendue
– freins qui marchent
– sélecteur de vitesse qui marche
– siège qui se règle et pas cassé
etc…

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Paris en vélo: dangereux, mais…
C’est vrai aussi que voyager à Paris, malgré les voix de bus cela reste très très (très?) dangereux… beaucoup de dangers:
– bus qui vous frôlent ou se rabattent sur vous
– taxis qui font vraiment n’importe quoi (j’ai déjà faillit plusieurs fois me fritter avec un taxi au feu rouge suivant)
– mecs en voiture qui brûlent les feux rouges (bon je dis ça je me suis tapé une amende de 90€ pour grillage de feu, donc je la ramènerais pas trop sur ce point là)
– les piétons qui parlent au téléphones et traversent comme des cons (sans vouloir faire mon misogyne de base il y a quand même une majorité de meuf dans ce cas précis)
etc…
Globalement il faut être ultra vigilant, faire attention à tout, partout tout le temps, mais pour avoir repris à de rares occasions le métro… cela vaut le coup, aujourd’hui je ne supportes plus le métro ou le RER.

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Un bon exercice quotidien
Environ une heure de vélo par jour, et pas à la mode pépé, en mode barbare, avec du Meshuggah ou de Gojira dans les oreilles… à fond les ballons, montée de la côte de Saint Michel au retour le soir pour se mettre en forme.
Pas vraiment de perte de poids significative, mais globalement plus en forme et des cuisses à la Conan (genre béton armé)

Prochaine étape?
Bonne question, mais la suite plus ou moins logique est sans doute de m’acheter un vélo… pas un truc neuf, une bouse que je pourrais bidouiller et hacker, régler à ma façon, réservé pour les trajets quotidiens, tout en gardant mon abonnement vélib pour les sorties le soir ou les événements où je ne veut pas emmener mon vélo.
Si vous connaissez quelqu’un qui veut se débarasser de son vélo pour pas cher (petit précision peu importe le vélo mais pas un vélo de nain, je fais 1m92, donc…)

Et vous, le vélib vous en pensez quoi??