Carte Musique Jeunes – une honte et aucunement une parade contre le “piratage”

Publié le 7 November 2010, par Babozor

La fameuse carte Musique Jeunes viens de se lancer dans le brouhaha et la confusion la plus complète… le but affiché est “d’habituer” les “jeunes” à acheter de la musique en ligne.

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C’est quoi cette carte?
Vous en avez certainement tous entendus parler lors du débat sur la fameuse loi Hadopi, pour complémenter la partie répressive de la loi, notre gouvernement a décidé de sortir un dispositif spécial où l’Etat sponsorise à hauteur de 50% certains achats de musique en ligne.
Si on résume, vous vous inscrivez, vous versez 25 euros et vous avez pour 50 euros de musique achetable en ligne sur divers plateformes de téléchargement légales.
(je résume volontairement et je ne rentrerais pas dans le débat de la faisabilité)

Dresser les jeunes
Le but de ce dispositif est simple, puisque aujourd’hui les jeunes ne payent plus leur musique mais ils se comportent en pirates, en téléchargeant illégalement le dernier album de Lady Gaga ou de Michel Sardou (bon pour le deuxième je sais pas trop si des jeunes téléchargent vraiment ça, on sais jamais)… on va leur donner le moyen d’avoir deux fois plus de musique, mais seulement si ils passent par les plateformes légales et payantes.
Mmmm… rien qu’en l’écrivant ça me paraît bizarre… on m’échange un truc gratos, contre un truc payant à moitié prix (ou plus précisément le double pour le même prix), c’est bien ça le but de tout ça?

Perfusion pour majors
Le but est pourtant clair, il est de d’abord contrebalancer le côté répressif de la loi (même si l’offre est ridicule) pour faire taire certains détracteurs, mais surtout il est d’entretenir les maisons de disques dans la situation actuelle… et de continuer avec un système de distribution mourrant, à l’agonie mais qui refuse passer l’arme à gauche.

Ce qui me choque
Dans tout ce dispositif (somme toute assez foirreux) et la battage qui en est fait il y a beaucoup de choses qui me choquent:
– pourquoi ne réserver ça qu’aux jeunes? il n’y a donc que les jeunes qui écoutent de la musique? Moi je suis trop vieux, donc déjà dans le moule, j’achètes mes CD à la Fnac comme un gros boeuf, donc je n’ai pas droit à cette offre. Pour moi ça ressemble à de la discrimination…
– pourquoi sur un montant aussi ridicule? en gros cinq albums par an… on n’écoutes pas que cinq albums par an, pourquoi une mesure aussi partielle, si l’Etat veut perfuser l’industrie du disque qu’elle le fasse jusqu’au bout.
– pourquoi aider une industrie musicale régie par le capitalisme? je ne connais pas d’autre domaine où une loi nous oblige à passer par une offre payante, sous prétexte que sinon on est des vilains… cela fait plus de dix ans que le virage du numérique c’est présenté aux maisons de disques, ils n’ont fait aucun effort pour s’adapter et c’est donc à l’Etat de payer les pots cassés?
– le média à changé, mais les prix pratiqués pour un album sont toujours aussi prohibitifs (et avec les même marges pour les distributeurs et maisons de disque)… autant fabriquer un CD je pouvais comprendre la valeur marchande (même si il ne faut pas être un prof en économie pour savoir que les prix pratiqués pour les supports physiques sont là aussi très abusés par rapport au prix de production et de reviens du support) autant pour une delivery sur le web avec un coup quasi nul, je ne comprends pas.
– pourquoi l’Etat s’entête à tenter de sauver une industrie mauribonde et à préserver un business model qui ne marche plus?

Bref vous l’aurez compris, la “Carte Musique Jeunes” je n’aime pas, je trouve ça démago et débile et cela déplace le vrai problème et le vrai débat.

Voilà donc les vrais questions que j’aimerais que le gouvernement se pose:
– pourquoi continuer à appeler ce phénomène le “piratage” alors que c’est un échange sans argent et non pas un vol?
– pourquoi ne pas réfléchir à mettre en place une vraie plateforme de distribution pour TOUS les artistes (même les indépendants) avec une très forte part des revenus qui reviens aux artistes et non pas à leurs maisons de disque (ou les “ayants droits” comme ils aiment à se faire appeler)?
– pourquoi ne pas ouvrir un vrai débat non tronqué sur la révolution numérique est ses effets sur l’industrie musicale, dans le sens large du terme et pas seulement pour les maisons de disque?
– pourquoi ne pas investir les millions dépensés à Hadopi et la CarteMusiqueJeunes dans le fibrage de toutes les régions au lieu de cirer les pompes des maisons de disque?

Et ben, c’est pas gagné… moi j’aimerais savoir vos solutions pour permettre au secteur de la musique de trouver un business model convainquant.

Pourquoi vous devez jeter votre télé…

Publié le 31 October 2010, par Babozor

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Voilà maintenant quelques mois (depuis notre séparation et le départ de ma bientôt future ex-femme) qu’avec mademoiselle nous avons fais le choix de se séparer définitivement de la télévision. On ne la regardais pour ainsi dire jamais, seulement madame continuais de regarder des émissions débiles sur M6, mais la télé était présente, au centre du salon…

Un objet damné, succube chronophage
Le plus souvent il trône au milieu de votre salon, certains poussent la perversion jusqu’à l’introduire dans leur chambre (en même temps dans mon apart de 30m2 pour moi le salon et la chambre c’est la même chose) ou dans leur cuisine… pourquoi donc la télévision est-elle cet outil démoniaque?
D’abord je tiens à préciser que l’objet en lui même ne l’es pas ou pas tant que ça, mais c’est la combinaison écran / tunerTV / télécommande qui l’est. En effet ce qui est le pire dans la télévision c’est deux choses:
– une interaction inexistante et un contenu qui va dans un seul sens (en gros la télé transmets, vous recevez)
– un nombre de chaînes impressionnante (y’en a plusieurs centaines sur le câble ou certains FAI), avec toujours l’espoir de trouver un truc cool (et le fait qu’immanquablement vous vous retrouvez à regarder les informeciales de téléshopping avec la super ceinture qui va faire disparaître tout votre gras sur votre gros ventre)
Peu importe la forme, la taille, la technologie, ce sont ces deux éléments qui rendent la télé un objet dangereux.
J’entends déjà certains brailler derrière leur écran (qui n’est pas une télé)
“Ouais m’enfin quand tu mates des vidéos débiles sur YouTube c’est pareil? non?…” l’argument est connu et je dirais que c’est plus ou moins pareil, à part que la souris remplace la télécommande et les flux “most popular” et “recommanded” la liste des chaînes du câble, mains raisonnablement c’est vrai, vous pouvez tout aussi bien vous lobotomiser devant votre ordi, comme devant une téloche, à deux différences près.
– la télévision de par son encombrement (et aujourd’hui sa taille de plus en plus démentielle) est au centre très souvent du foyer (et dans beaucoup de cas au détriment de l’ordinateur qui n’a qu’un rôle secondaire)
– la pollution sonore et visuelle qu’induit la télévision est massive dans un foyer, pas moyen de lire un bouquin ou d’écouter de la musique alors que madame (ou monsieur) regarde son téléfilm.

Plus de télé = un livre par semaine
Avec mademoiselle nous avons passé un accord, on se débarasse physiquement de la télévision et en contre partie, on a le droit chacun, une fois par semaine de s’acheter un livre (peu importe la taille, l’intérêt ou le prix du livre).
La volonté ici était double:
– se débarasser de la pollution de la télévision
– mettre un coup de boost sur une activité que j’adore (et que j’essayes de transmettre à la demoiselle): la lecture.
On a la chance d’avoir à quelques dizaines de mètres de la maison deux librairies, une pour les juniors et une normale qui nous permettent le mercredi soir ou le samedi matin de pouvoir aller choisir le livre qu’on a envie.
Le soirées débiles télé, se sont transformées en soirées plus tranquilles avec musique (elle adore la BO de Ghost In The Shell et Dead Can Dance) et bouquins.
Pour ma part les bouquins vont de tomes d’Akira (je me refais doucement la collection) à des policiers, des livres d’héroic-fantasy ou de la science fiction (j’avoues j’ai essayé un traité plus ou moins phylosophique et il a rejoint la bibliothèque après un peu moins de 20 pages, ça doit rester un plaisir avant tout).

On continues à regarder des choses
On a certes banni la télévision mais on continue quand même à regarder des trucs. Ce n’est plus les infos ou les dessins animés entrecoupées de pubs débiles (surtout à la période de Noël c’est juste complètement fou le matraquage dont ils font l’objet), mais des choses que nous avons choisi:
– pour la demoiselle, un grand choix de dessins animés sélectionnés par moi (principalement des disney, des miyazaki et quelques autres dessins animés vraiment cool)
– pour moi principalement des séries US (j’en suis une bonne trentaine), quelques films (de moins en moins je dois avouer, vu la qualité de ceux-ci) et pas mal de documentaires web (j’y reviendrais dans un autre article)
Donc la télé à été banni, pas le contenu vidéo.
Quelques conséquences à tout ça:
– tout d’abord comme je le disais un peu plus haut on évite le matraquage publicitaire et c’est en soit une libération
– on évite aussi par flemme à regarder des programmes débiles parceque y’a rien d’autre à voir, le web est un vivier de choses intéressantes à regarder (que ce soit en streaming via Youtube/Vimeo/Dailymotion, en téléchargement plus ou moins légal, etc.) et j’ai toujours en stock des épisodes de séries pas encore vu ou des liens vers des vidéos que je n’avais pas eut le temps de regarder
– on évite de s’endormir sur le canapé, la télécommande à la main en bavant sur le coussin (c’est dignement remplacé par le même situation, mais avec un livre au lieu de la télécommande, beaucoup plus classe)
– j’ai jamais autant lu (d’abord parceque j’adore ça), je penses que ce que nous faisons à une emprunte importante sur nos enfants. J’ai toujours vu mon père bricoler, réparer et construire des trucs… et donc ça m’a semblé normal de devenir un barbu dans ma grotte. J’ai bon espoir que de me voir lire et écouter de la musique régulièrement la poussera à lire et à écouter de la musique quand elle sera en âge (elle le fait déjà, mais pour l’instant elle sait pas encore lire, même si ça va venir super vite).

La télé organe officiel de désinformation
Une autre chose importante pour moi (outre la pub) est de faire barrage aux informations diffusées par la télévision. Je n’ai pas l’intention de vous faire un cour de journalisme, mais tout le monde sais très bien qu’un même évènement peut avoir un sens tout à fait différent suivant la manière dont il est présenté et disons le de façon clair, je n’aime que moyennement me faire manipuler par les médias (même si aujourd’hui c’est de plus en plus dur). Tous les contenus se ressemblent, les journalistes de télévision sont globalement à la botte du gouvernement en place (et j’assume pleinement cette accusation) et je préfère aujourd’hui aller glaner mes informations sur divers sites, croiser les différentes sources et me faire ma propre opinion (tiens ça ressemble vaguement à la définition du travail de journaliste ou je me trompes?).
Même si il reste des émissions de bonne qualité (je prendrais comme exemple Tracks sur Arte qui reste une référence pour moi) ils sont masqués par un monceau d’immondice (je n’aborderais pas le sujet de la télé-réalité qui porte si mal le nom de réalité) qui rendent pour moi la télévision impropre à la consommation.

Notre télé à donc fini sa vie dans la rue, récupérée en quelques minutes par quelqu’un (j’avais collé une étiquette avec écris dessus “Je marche encore, adoptez-moi”) et je dois dire que c’est une décision assumée et pleinement satisfaisante, qui a ramené du calme et de nouvelles activités stimulantes à la maison.
Je ne suis pas pour un bannissement de la télé (je n’en ai malheureusement pas le pouvoir) mais je penses qu’il est important de comprendre sa nocivité, aussi bien pour sa place trop grande dans les foyers que les messages qu’elle véhicule (j’écoutes les discussions de temps en temps quand je prends le métro sur certaines émissions et j’avoues ça m’afflige).
Il y a tellement de choses à lire, de musique à écouter, de vidéos à regarder qui valent le coup, c’est dommage de passer autant de temps devant la téloche pour au final pas grand chose.

NIN: the slip, nouvel album en téléchargement gratuit

Publié le 6 May 2008, par Babozor

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Nine Inch Nails nous avait déjà mis une bonne claque, avec son album instrumental (complètement démentiel) disponible pour 5$ (ou via Torrent uploadé par Trent Reznor himself, j’en avais déjà parlé ici) et releasé sous licence Creative Commons.
Aujourd’hui (enfin plutôt hier), nouvelle bombe, puisque NIN offre son nouvel album “the slip” gratuitement à tous, sous différents formats (MP3 haute qualité, FLAC, M4A et même WAV haute qualité [1,2 Go quand même] le tout sans DRM évidemment), pour remercier leurs fans… (peut être des 1,6 millions de $ gagnés avec les différents formats revendus de Ghost I-IV). Bref une très bonne nouvelle pour les fans (ou ceux qui veulent écouter leur album sans se ruiner ou tomber dans l’illégalité) et une bonne claque pour l’industrie du disque moribonde et sclérosée sur ses attaques judiciaires en cascades.

A noter aussi que les remix effectués peuvent être posté ou écouté (gratuitement au contraire de radiohead qui fait payer chaque track 1$), certains sont très bon… c’est consultable ici.

Pour finir, on peut aussi noter le concours qu’à lancé NIN en collaboration avec YouTube, pour accompagner l’album instrumental Ghost I-IV… aujourd’hui plus de 1000 vidéos disponible avec la bande son de NIN, enfin un groupe qui prend pleinement conscience du potentiel du web. Moi je dis ultra bravo…

Et vous vous en pensez quoi de cette démarche?

Nine Inch Nails – Industrie de disque

Publié le 5 March 2008, par Babozor

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Semaine chargée, puisqu’en quelques jours des nouvelles encourageantes arrivent pour l’industrie du disque (et la pseudo crise qui l’anime depuis les dernières années).

Nine Inch Nails sort son nouvel album
Le groupe de rock/métal/indus (pas vraiment d’étiquette appropriée trouvée) sort son dernier album Ghosts I-IV (instrumental, plus de deux heures, pour les amateurs un des meilleurs albums de NIN) sous différents format:
– mini-album de 9 titres gratuit
– album complet sans DRM à 5$
– divers formats disponibles (du double CD à la version collector ultime de 10 à 70$)

Ghosts I-IV sur BitTorrent?
Là grosse surprise, puisque via certains sites spécialisés on s’aperçoit que se sont des membres du groupe ou leur entourage qui ont laissé en téléchargement l’album complet sur différentes plateformes de téléchargement. Enfin une semi-surprise puisque Trent Reznor le très médiatique membre de NIN avait déjà avoué a maintes reprises son agacement des méthodes de l’industrie du disque et son penchant pour le téléchargement sur BitTorrent (via Oink en particulier)
ReadWriteWeb
TorrentFreak

Ghosts I-IV en creative commons
Puisqu’on est parti dans la lancée, autant en profiter puisque l’album est sorti sous licence Creative Commons Attribution Non-Commercial Share Alike (en gros on doit donner les crédits à NIN, on peut le redistribuer sans utilisation commerciale… donc tous les remixs possibles et imaginables sont permis)
BoingBoing

Distribution numérique: plus rémunérateur pour les artistes
C’est le constat qu’a fait un artiste en passant par le iTunes Music Store, avec des rétributions bien supérieurs que le marché traditionnel (exemple: les titres vendus à l’unité 0,99 € sur l’ITMS français rapportent 0,947 $)
MacBidouille

Arrêtez de vous plaindre
C’est le cri du coeur de 7 labels suédois qui ont décidé de s’organiser et de lancer un manifeste pour faire évoluer le système et arrêter de taper sur les consommateurs… on ne peut que louer cette initiative.
Ecrans

On voit donc que le secteur est en plein changement/bouleversement, avec des acteurs inventifs et ouverts… à suivre